NOURREDINE MORCELI

Membre d'une famille de neuf enfants, Noureddine Morceli est né le 28 février 1970 à Ténès en Algérie. Il avait 7 ans, quand il vit, à la télévision, son frère aîné, Abderahmane, champion d'Algérie du 1500m, terminer 4e du 1500m de la Coupe du monde à Montréal en 1977.

Il n'eut alors de cesse de l'imiter. Doté d'une endurance peu commune, il lui arrivait de couvrir, sans fatigue, quinze kilomètres par jour, sur les plages de l'Oranie. Son premier succès remonte aux championnats du monde junior 1988, où il remporte un médaille d'argent au 1 500m. Ses progrès furent si rapides qu’en 1988 il fut enrôlé au Riverside College, en Californie, où on le fit courir à tort et à travers. De retour en Algérie, sous le direction de son frère, il intensifia sa préparation, axée davantage sur la vitesse. A 20 ans, il était capable d’aligner quinze 400m en 54’’ – 55’’, avec des temps très bref de récupération.
Il passe sur le circuit de la coupe du monde en 1990 et détient dès sa première saison, la meilleure performance mondiale de la saison avec un temps de 3:37.87 toujours sur 1 500m. En 1991, il bat le record du monde en salle du 1 500m à Séville puis remporte la médaille d'or aux championnats du monde d'athlétisme 1991 à Tokyo devant le Kenyan Kirochi. Au printemps 1992, Morcelli bat le record du monde en salle sur 1 000m avec un temps de 2:15.26.
Athlète itinérant, effectuant de nombreux stages en altitude, à Saint-Moritz, Davos ou Mexico, il connut alors les premières difficultés de sa carrière. Au printemps 1992, il fut victime d’une douloureuse sciatique qui interrompit son entraîenement. Aux Jeux Olympiques d'été de 1992, il est le favori pour la final du 1 500m, cependant le rythme de la course est très lent, à tel point qu'au passage des 800m, le temps est moins bon que celui de la course des femmes. En médiocre forme physique et morale, il fut sans ressort en finale où l’Espagnol Fermin Cacho sut profiter de sa faiblesse momentanée. Terminant 7ème, Morceli cacha sa déception sous un masque de sérénité. Un mois plus tard, à Rieti, dans un prodigieux sursaut d’orgueil, il battait son premier record du monde, en réalisant 3’28’’86 au 1500m soit 62/100 de mieux que Said Aouti. Il n’avait que 22 ans.
L’année 1993 le vit survoler l’ensemble de la saison. A nouveau Champion du Monde à Stuttgart, loin devant Cacho, Il améliora de près de deux secondes, à Rieti, le record mondial du mile de Steve Cram en 3’44’’39, temps, en valeur absolue, supérieur à son record du 1500m.
Abordant avec succès de plus longues distances, en 1994, il s’attribua le record mondial du 3000m en 7’25’’11 avant de revenir au 1500m en 1995
A Nice, où Cram était devenu en 1985 le premier coureur à moins de 3’30 » », il couvrit la distance, sans opposition et avec un bon lièvre, en 3’27’’37, grâce à une accélération prodigieuse dans les derniers 300m.
Champion du Monde pour la troisième fois, à Göteborg, il distança, par un ultime 400m en 51’’26, le Marocain El Gerrouj et le Burundais Niyongabo.
Il lui restait à conquérir le titre olympique qui lui avait échappé en 1992. A Atlanta, Morceli faillit perdre cette course à 450m de l’arrivée sur un coup de pointe involontaire d’El Gerrouj, lequel chuta sur la piste. En dépit de sa blessure, Morceli montra à nouveau l’étendue de son talent, devant l’inévitable Cacho, remportant ainsi sa 54ème victoire consécutive sur 1500 ou mile.

Insuffisamment rétabli, Morceli ne put résister au finish d’El Gerrouj en finale du Grand Prix à Milan.

Il arrête la compétition après la course des Jeux Olympiques d'été de 2000 à Sydney où il ne remporte pas de médaille.