Said Guerni Djabir

Né un 29 Mars 1977 à Alger, Said Guerni Djabir entraîné par son père Zine El Abidine, commence l'athlétisme à l'âge de 13 ans. Très vite il montre le potentiel d’un futur champion de demi-fond, avec un superbe chrono de 3’18’’ au 1200 métres, soit à 2 secondes seulement du record personnel de Nourredine Morceli à cet age.

En 1993, il est sélectionné en équipe nationale des moins de18 ans, pour une réunion avec le Portugal et l'Espagne à Salamanque. L'année suivante, Guerni a terminé troisième au 1500 m dans la Gymnasiade ISF de Chypre. Pendant ce temps, son frère aîné Chakib a eu également un avant-goût de la réussite internationale dans le quatuor du relais 4 x 100 m, médaillé d'argent aux Championnats d'Afrique Junior à Alger.
Ses premiers tests sur sa distance de prédilection le 800m, furent concluants avec un temps de 1’52’’53ct. Un chrono réalisé rien qu’avec une préparation consacrée à l’endurance. A cette époque, Guerni fut préparé comme un coureur de 1500m, seulement voila, lors de l’année 96 voyant qu’il n’arrive pas à dépasser le cap des séries aux
championnats du monde junior, son père professeur d’éducation physique spécialisé en hand-ball décide de le prendre en charge et de lui consacrer un travail spécifique pour améliorer sa vitesse.
Lors de la saison 1997/1998 Guerni commence à montrer sa vraie valeur sur le plan international. Il obtient l’or du 800m, aux jeux arabes à Beyrouth (1’46’’84), le bronze aux championnats d’Afrique à Dakar en 1998 (1’46’’31) et aux jeux méditerranéens de Bari. 1999 s’est avéré une année décisive pour Guerni. Une quinzaine de jours après avoir décroché le titre mondial militaire 800m, il améliore sa meilleur performance de l’année (1:45.72) à travers chacune des trois séries des Championnats du monde de Séville (1:45.65; 1:45.17; 1:44.18) pour arriver à glaner une très belle médaille de bronze inattendue. "En finale, j'ai décidé d'aller très tôt, se souvient-il," à partir comme un fou et se faire rattraper par Wilson Kipketer (DEN) et Hezekiel Sepeng (RSA) à la fin. Cette année-là, j'ai senti que je devais prendre l’initiative. C'est ce dont j'avais besoin pour obtenir un nom en athlétisme et s'introduire dans le circuit. " À la fin de la saison, il a confirmé ses progrès avec un
nouveau record national 1:43.09 réalisé au grand prix de Bruxelles.
L'année suivante, après avoir remporté le Championnat d'Afrique à Alger (1:45.88), il est arrivé en pleine forme pour les Jeux olympiques de Sydney avant de sentir des douleurs aux tendons lors d’un stage en Australie. Cachant son état, il réussit tout de même à atteindre la finale et remporter une belle médaille en bronze
(1:45.16).
Les blessures avaient mis sa carrière en danger. Guerni refuse alors d'écouter les médecins qui lui ont dit de prendre sa retraite. Le travail acharné et le soutien de son père lui ont permis de revenir au plus haut niveau et de briller dans les deux événements qui ont le plus compté. En 2002, il conserve son titre de Champion d'Afrique à Tunis (1:45.52), devant William Yiampoy (KEN) et Mbulaeni Mulaudzi ( RSA) et termine deuxième de la Coupe du monde à Madrid (1:44.03) derrière Antonio Manuel Reina (ESP).
En 2003 au chevet de son père, qui a subi une chirurgie cardiaque, Guerni s’illustre à Paris, en remportant le plus beau titre de sa carrière. Auteur d’une course tactique parfaite pour remporter l'or en 1:44.81 aux championnats du monde. le titre mondial de Guerni est le seul jamais décroché par un athléte Algérien sur le 800 métres.